La pêche villageoise de subsistance
              

      Par le nombre de personnes qu'elle concerne et par les tonnages qu'elle produit, la petite pêche villageoise de subsistance constitue un secteur essentiel pour la sécurité alimentaire de Vanuatu. Jusqu'au début des années quatre-vingt, cette pêche est mal connue : les données bibliographiques la concernant sont peu nombreuses et anciennes, qu'il s'agisse de récits de voyage (compte-rendus d'escales de navire, rapports de missions d'administrateurs des colonies, mémoires de marins ou récits de voyages scientifiques), de monographies d'ethnologues ou de géographes concernant un village ou une île, de mémoires de missionnaires, de synthèses nationales ou régionales. La pêche n'y occupe que quelques paragraphes voire quelques lignes, habituellement consacrées à la description d'embarcations, d'engins de capture ou de techniques. Les informations quantitatives sont rares. Ce contexte a incité le Service des Pêches et l'ORSTOM à proposer au Service du plan et de la statistique de Vanuatu d'inclure un questionnaire sur la pêche dans le recensement de l'agriculture que celui-ci a effectué de juillet à novembre 1983. Cinq thèmes ont été retenus : les pêcheurs, la flotte de pêche, les engins de capture, la production et l'utilisation qui en est faite. À la fois unité de production et unité de consommation, le ménage est l'unité statistique sur la base de laquelle s'est effectuée la collecte des données. Au total, 130 villages (16 % de l'ensemble national), répartis dans 26 des principales îles de l'archipel, ont été visités. Dans chacun d'eux, dix ménages ont été enquêtés, soit un ensemble de 1 347 ménages, représentant 7 % de la population rurale du pays.

      Le taux d'équipement d'un ménage a été établi selon le nombre d'engins ou d'embarcations qu'il possède. Dans le cas particulier où le ménage propriétaire ne possède qu'un engin ou qu'une embarcation, le taux d'équipement est alors assimilé au pourcentage de ménages possédant cet équipement dans l'ensemble de la population de référence. Celle-ci est représentée par l'ensemble de la population littorale. Elle a été déterminée à partir des résultats des recensements de population effectués en 1979 et en 1989, les chiffres de population n'étant pas connus pour 1983 et 1993, années des recensements agricoles. L'accroissement démographique entre 1979 et 1983 et entre 1989 et 1993 n'étant de ce fait pas pris en compte, il en résulte une sous-estimation de la population de référence, donc une sous-estimation de l'équipement des ménages. À la différence des embarcations, le taux d'équipement en engins de pêche devrait prendre en compte la seule population de pêcheurs. Celle-ci n'étant pas donnée par le recensement agricole de 1993, la population littorale a été retenue comme population de référence. Le taux d'équipement ainsi calculé est un paramètre global qui intègre deux variables : d'une part le nombre d'engins d'un même type par ménage, d'autre part le pourcentage de ces ménages propriétaires dans la population littorale.

      Par son ampleur et sa rigueur, ce recensement a constitué un événement à l'échelle du Pacifique insulaire où, d'une manière générale, les informations statistiques concernant la petite pêche villageoise sont rares et peu précises. En 1993, une actualisation de ce recensement a été effectuée. Le protocole d'échantillonnage et les formulaires d'enquêtes étaient similaires aux précédents (Marshall, 1986, 1993). Il est donc possible d'établir un bilan décennal de l'évolution de la petite pêche villageoise de subsistance à Vanuatu.