La terre est une ressource vitale pour l’humanité, car son exploitation permet de nourrir chaque jour les 6,5 milliards d’habitants de la planète. « La terre est la ressource la plus précieuse du monde et pourtant elle n’est pas appréciée à sa juste valeur » disait Edouard. Saouma, ancien directeur général de la FAO. Les composantes de l’environnement planétaire (le climat, l’eau, l’air, les forêts, les océans…) font l’objet de très nombreux débats dans les médias et entre les politiciens ; mais pas la terre et sa composante principale le sol « qui est le grand oublié de l’environnement » (A. Ruellan, 2008).
La terre est une ressource limitée, car la superficie actuellement cultivable dans le monde est de 30 millions de km², soit 5,8 % seulement de la superficie de notre planète ; cela représente 0,2 ha en moyenne par habitant. Cette ressource doit donc impérativement être préservée. Une politique de gestion durable nécessite de disposer d’abord d’un état des terres dans le Monde et au niveau national.
L’objectif de cette publication est de proposer une méthode et des indicateurs pour dresser cet état. Une série de 10 indicateurs sont décrits. Le degré de dégradation est un indicateur très important ; car, au-delà d’un certain seuil, la restauration des terres dégradées est impossible ou son coût est excessif pour la communauté. Il est donc primordial de donner la priorité à la prévention en se fondant sur un diagnostic fiable de l’état des terres.
L’attention est attirée sur quatre nouveaux types de dégradation, apparus depuis une soixantaine d’années à la suite de la forte croissance démographique et celle des activités industrielles, agricoles ou commerciales. Ce sont : la pollution, souvent chimique, la perte de zones cultivables due à l’extension des zones construites, la radioactivité artificielle, les fortes contraintes pour exploiter les terres résultant de conflits armés.
L’ouvrage décrit ainsi en détail 36 modes de dégradation des terres et une méthode pour les évaluer.
Le résultat de l’évaluation doit être présenté de façon claire aux techniciens, aux décideurs, aux politiciens et aux médias. Les indicateurs sont ainsi synthétisés pour construire un seul indice d’état de dégradation. Cet indice permet de représenter l’état de dégradation des terres sur une carte de manière facilement lisible.
Où est la priorité en ce début de XXIe siècle ? Poursuivre le tapage médiatique sur la part, encore hypothétique, des activités humaines dans le réchauffement climatique avec ses inconvénients, mais aussi avec ses avantages ? Ou prévenir la dégradation certaine des terres cultivables de la planète due à ces activités et réduire ainsi les risques majeurs de pénurie alimentaire pour des centaines de millions d’habitants ? La question est d’actualité.

